GZUP, l’art tentaculaire

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Depuis son coup de cœur pour celle du jeu « Wonderboy », sur Sega Master System, GZUP réalise, encore et toujours, des pieuvres.

 

D’abord à la bombe, ayant commencé sa pratique du street art par le tag et le graffiti il y a une vingtaine d’années, mais celles-ci étaient régulièrement effacées.

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Aujourd’hui et depuis 2010, en collages de bois, les plaçant de plus en plus haut afin qu’elles ne soient pas délogées. D’autant que le collage serait mieux reçu du public et des forces de l’ordre que le graffiti, bien que ce dernier soit « moins aseptisé » et souvent« très technique ».

GZUP définit sa pratique comme du collage intensif et en série, bien que chaque pieuvre soit unique. Il effectue régulièrement des sorties de nuit et ce, quelles que soient les conditions climatiques.

Numero_400 «  Je ne fais pas dans la demi-mesure, je reste très professionnel quand il s’agit de coller. Quand j’ai décidé de coller 20 pieuvres dans la nuit, hors de question que j’en colle une de moins. J’en suis resté à l’époque des tags que je pouvais faire dans la rue il y a 20 ans de cela : le but, poser le plus possible et être vu du plus grand nombre. »

A son actif à ce jour, 560 pieuvres en bois sur Paris et une centaine dans des villes comme Bruxelles, Lille ou Rennes.

S’agissant de l’illégalité de cette forme d’art, et bien que regrettant les montants faramineux des amendes généralement infligées, notamment par la RATP, GZUP en accepte le principe et y voit même une certaine forme de motivation.

« Personne ne voudrait payer une telle somme, c’est sûr. Par contre, il faut arrêter de se cacher la vérité : que deviendraient les villes, gares ou trains si, tout à coup, le fait de taguer ou graffer était légalisé ? Ce serait du grand n’importe quoi. Les services publics sont bien obligés de réprimander et de taper là où ça fait mal : le portefeuille.

Goldo+Pochoir

 

Pour moi, l’illégalité fait partie du jeu et si ce n’était pas le cas je ne pratiquerais plus. Le street art n’aurait pas la même saveur. »

 

 

Et, alors, le street art reconnu, exposé et à l’honneur, même, de la Nuit Blanche ?

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« Un grand foutage de gueule ! D’un côté, on aurait les bons « street artists », renommés, ceux qui ne vont plus dans la rue mais font de jolies fresques autorisées et, de l’autre, les délinquants du street art qui dégradent.

Comme dans tous les domaines « bankable », le street art est récupéré par des mecs qui n’y connaissent rien mais veulent se faire de l’oseille, ça se voit dans la pub, les mairies et même chez les galeristes… 

 

 

Ma passion du street art se passe dans la rue, à l’air libre, et non en galerie, enfermé entre 4 murs… Je ne blâme pas les « street artists » reconnus qui exposent. Il faut bien vivre. Si le public achète, ils auraient tort de s’en priver. J’ai moi-même déjà exposé, je n’ai donc aucun conseil à donner… Chacun est libre d’exposer du moment qu’il pratique dans la rue autant qu’en galerie… Mais l’essence même, la vraie came, se passe dans la rue. »

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Fan du mouvement hip hop, son nom de scène est d’ailleurs un emprunt à Snoop Doggy Dog et à sa chanson « G’z up, Hoes down », « G’z up » signifiant « Gangsta’s up ».

Et, pleurant d’ores et déjà la mort du rap et du funk, GZUP s’inquiète aujourd’hui de l’avenir de l’art urbain. « J’espère que le street art va sortir ses couilles pour subsister et pas devenir un truc à la mode au goût insipide… Car tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse. »

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Concretisation de LEsquisse 2

 

Les photographies publiées sur cette page sont la propriété de GZUP (tous droits réservés).

Le 28 décembre 2014.

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