Propos liminaires

Mis à l’honneur de la Nuit Blanche et de la FIAC, exposé par la Fondation EDF, en rayon dans votre Monoprix. Celui qu’on nomme désormais le street art est partout. En octobre dernier, pendant 30 jours, Parisiens et touristes de 7 à 77 ans faisaient plus de 5 heures de queue pour visiter la fameuse Tour Paris 13. Plus de 300.000 visiteurs sur le site dont seuls 25.000 auront pu pénétrer ce temple de l’art urbain.

Un art éphémère, par définition, et espérons que l’engouement pour ce dernier ne le soit pas. Souhaitons surtout que cet engouement n’ait pas pour seul résultat d’augmenter les revenus de quelques galeristes ou le « potentiel sympathie » de certains élus. Lesquels, en chœur, nous fredonnent le doux refrain de la démocratisation d’un art jusqu’alors injustement malmené par les institutions.

Démocratisation de l’art ? Le propos a de quoi surprendre, s’agissant avant tout d’une pratique constitutive d’un délit. Comble de l’ironie d’ailleurs, la couverture du Code pénal, celui-là même qui sanctionne les délits, a été réalisée, pour son édition 2015, par des graffeurs ! Nul doute que certains professionnels du marketing savent casser les codes…

Récupération d’un phénomène de mode alors ? Plus vraisemblablement. Sachant qu’en tout état de cause, on voit difficilement comment cet art pourrait se démocratiser puisque, né dans les rues nord-américaines à la fin des années 70, son ancrage est l’espace public même.

A moins, peut-être, d’interroger la pertinence des sanctions pénales qui y sont attachées et d’envisager leur remise en cause. Ce qui semble s’imposer devant l’hypocrisie d’un système où ceux qui investissent dans les œuvres d’artistes urbains de manière lucrative tendent à oublier que ces derniers ont d’abord investi la cité de manière illégale.

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Crédit Photo : Hugo Passarello Luna

Le 15 novembre 2014.

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